La santé d’une population ne se résume pas à l’accès aux soins. Elle se construit, ou se détériore, dans les conditions quotidiennes de vie : le logement, l’emploi, la qualité des espaces publics, les liens sociaux, l’alimentation, l’environnement. À l’occasion des 40 ans de la charte d’Ottawa, il est bon de se replonger dans ce que l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) appelle les notions essentielles de santé publique.
Ce dossier intéresse directement tous les porteurs (élu.e.s et technicien.ne.s) de démarches territoriales — contrats locaux de santé, conseils locaux de santé mentale, contrats territoriaux globaux… — mais aussi, plus largement, les acteurs et les actrices du développement local, de l’urbanisme, du social ou de l’éducation… qui agissent sur ces déterminants sans toujours le nommer ainsi.
Ce que la recherche établit clairement depuis plus de 40 ans
Les facteurs collectifs — conditions économiques, sociales et environnementales — contribuent davantage à améliorer la santé globale que les facteurs individuels comme les habitudes de vie ou la génétique. Le système de santé et de services sociaux détient un impact limité sur l’état de santé de la population par rapport aux conditions de vie aux conditions de vie.
Le dossier de l’INSPQ détaille les déterminants selon quatre grandes catégories : le contexte global (politiques, économie, environnement naturel), les systèmes publics (éducation, logement, soutien social), les milieux de vie (famille, travail, voisinage) et les caractéristiques individuelles.
La santé dans toutes les politiques : une responsabilité partagée
Agir sur ces déterminants, c’est précisément ce que recouvre le principe de « santé dans toutes les politiques » : reconnaître que les décisions prises dans les domaines du transport, de l’urbanisme, de l’éducation, de l’emploi ou du social ont des effets directs sur la santé des habitants. Agir sur les déterminants de la santé requiert la participation de plusieurs autres secteurs que celui de la santé : milieux municipaux et scolaires, entreprises, secteurs agroalimentaire, technologique et communautaire.
L’INSPQ formalise cette logique à travers ce qu’il nomme la responsabilité populationnelle, autrement dit la responsabilité partagée à l’échelle d’un territoire. C’est une approche qui consiste à maintenir et améliorer la santé et le bien-être de la population d’un territoire donné en agissant conjointement sur les services de santé et sur les autres déterminants sociaux de la santé, à travers une vision commune portée par l’ensemble des partenaires : municipaux, communautaires, politiques, économiques.
Agir en amont pour prévenir les problèmes de santé constitue la façon la plus efficiente de favoriser la santé et le bien-être de la population. Le dossier illustre cela avec l’exemple concret du diabète : les actions les plus efficaces ne sont pas cliniques, elles concernent l’aménagement des espaces de vie, les normes nutritionnelles dans les établissements publics, le soutien au revenu ou encore les politiques de mobilité active.
Lire le dossier sur l’INSPQ : Notions essentielles de santé publique
- Notions essentielles de santé publique — la santé, ce qui la construit, ce qui la maintient
- Les déterminants de la santé — cadre conceptuel et exemples détaillés
- Les fonctions de santé publique — surveillance, prévention, promotion, protection
- La responsabilité partagée à l’échelle d’un territoire — principes et mise en œuvre partenariale

