Plus de 100 ans après sa création, la Ligue contre le cancer s’inquiète pour l’avenir de ses comités départementaux et des actions qu’ils mènent auprès des malades. En cause : le coronavirus qui a engendré une crise sanitaire, mais aussi économique. Dans ce contexte, l’association redoute une baisse des dons de 10 millions d’euros en 2020. Une estimation basée sur les premiers mois de l’année et sur un sondage de la ligue auprès de ses donneurs réguliers.

On est déjà sur une perte financière de 25 à 30% – Marguerite Munoz, présidente de la Ligue contre le cancer en Haute-Vienne

La situation est grave confirme le docteur Marguerite Munoz, qui préside le comité haut-viennois de la Ligue contre le cancer. Invitée de France Bleu Limousin ce mercredi, elle évoque des pertes de « 25 à 30% » liées aux manifestations annulées ces derniers mois. Même son de cloche dans le comité de la Corrèze. Son président, Jean-Paul Rassion, estime pour sa part à 60.000 euros le montant des dons perdus. À réécouter « Pas question de couper dans l’aide aux malades ! Marguerite Munoz, de la Ligue contre le cancer 87

Deux axes prioritaires fixés par les comités de Haute-Vienne et de Corrèze

Face à cette situation catastrophique, l’urgence est de continuer à assurer l’aide financière apportée aux malades. En Haute-Vienne l’an dernier 60.000 euros ont ainsi été attribués à des patients en difficulté, contre 50.000 en Corrèze. « C’est un coup de pouce pour régler le loyer ou l’électricité ou encore payer une aide à domicile, des aménagements du domicile ou des restes à charge sur des traitements qui ne sont pas jugés prioritaires par l’Assurance Maladie » précise Marguerite Munoz. Pour elle, comme pour son homologue corrézien, il n’est donc « pas question de faire des coupes sombres sur l’aide aux malades. »

De la même manière, les deux comités continuent de mettre le paquet sur les soins de support, même si certains ont été suspendus depuis le confinement. Le soutien psychologique et les conseils diététiques se poursuivent, à distance. Pour le reste (sport adapté, soins esthétiques, ateliers divers), l’objectif est de reprendre dès que possible. « Ce sont des soins indispensables » martèle Marguerite Munoz.

Dans le même temps, certaines missions de la Ligue contre le cancer se retrouvent en sommeil. C’est le cas des actions de prévention, qui sont de toute façon impossibles à mettre en oeuvre actuellement dans les établissements scolaires et les entreprises. Et s’il faut faire des choix, les subventions consacrées à la recherche risquent aussi d’être affecté, « même s’il ne faut pas l’oublier » insiste Jean-Paul Rassion. 

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